Editeurs traditionnels et pure players

2010/12/23 § Poster un commentaire

Lu sur Actualitté : une tribune de deux éditeurs numériques, Michel Morvan et Anne-Laure Radas. Je résumerai de cette manière leurs positions : « Ô grands de ce monde, daignez écouter la voix des petits ».

Les éditeurs traditionnels…

"Un jour, moi aussi je serai grand"

Parce qu’y’en a que pour les éditeurs traditionnels d’abord.

On les entend partout, ils envahissent nos écrans et nous maintiennent dans une angoisse, celle de la fin du papier dans notre bas monde.

Ces éditeurs, estiment Morvan et Radas, réduisent l’écrit à une histoire de papier et d’encre. Or, « l’écrit, c’est le partage des oeuvres de l’esprit ».

On prend bien soin de ne pas utiliser le terme « livre » mais au fond, c’est bien ce qui est en jeu. La définition donnée vise à dépasser le support pour valoriser la seconde définition traditionnellement donnée du livre : un discours de l’esprit.

On va également chercher dans le 19°s (Balzac et son roman-feuilleton…les gens n’ont décidément que cet exemple en tête ?) pour mettre les éditeurs traditionnels face à leur méconnaissance de l’histoire littéraire.

Voyez, des oeuvres non linéaires ont existé ! Aujourd’hui, c’est ce qu’on veut faire et vous nous en empêchez.

Les pure players

Ces remarques sont de plus en plus partagées. Françoise Benhamou estime ainsi que les innovations viendront sans doute des pure players, c’est-à-dire des éditeurs 100 % numérique, type Leezam ou Numérik:)ivres, et même si Gallimard publiera en janvier de la poésie interactive.

Pour ma part, je crois en effet que les deux vont coexister (voir l’exemple de Miyazaki). Ce que craignent les éditeurs traditionnels, c’est une réévaluation de leurs compétences.

Nouvelles compétences

Si l’on suit La synthèse de l’atelier PNB Paribas du Forum d’Avignon, ils pourraient, en effet, de plus en plus être amenés à vendre des prestations aux auteurs ou à s’investir davantage sur les réseaux sociaux (gestion d’une communauté de lecteurs, par exemple).

Or, pour l’instant, seul les éditeurs 100% numérique le font réellement, sans doute moins complexés à l’idée de communiquer.

Papier, numérique, angoisse

Pour autant, on ne peut pas, comme le font Morvan et Radas, balayer si facilement les angoisses liées à la disparition du papier. Qu’elle soit improbable, c’est une chose, mais ce n’est pas une raison pour l’ignorer.

iPad vs Livre

Pourquoi, alors que les initiatives de « bonne cohabitation » s’enchaînent, continuons-nous à craindre cette disparition ? C’est bien une question de support, d’encre et de papier.

Car le support produit du sens, l’organise, le hiérarchise : la tablette ne se contente pas de le reproduire tel quel un discours et sa forme, elle en modifie la réception et produit elle-même, de plus en plus, une façon de penser et d’écrire qui lui est propre et dont la pertinence peut être légitimement questionnée.

C’est bien cette pensée qu’interroge aujourd’hui tous ceux qui craignent une dévaluation de la culture du livre.

Il ne s’agit donc pas de renvoyer dos à dos les uns et les autres, ou de mépriser leurs positions, qu’elles fassent preuve d’une nostalgie conservatrice, ou d’une utopie naïve, mais d’en révéler les présupposés pour les dépasser ou, mieux, les harmoniser.

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Une tablette pour Microsoft, une

2010/12/23 § Poster un commentaire

Microsoft est à la traîne. Oh, ils savent en imaginer de beaux produits, futuristes et tout (souvenez-vous de « Courier », projet abandonné), sans modèle économique, mais sont incapables d’assurer la communication derrière.

Puis, faut dire que question prédiction, on se goure parfois chez Microsoft.

L'ex-future tablette de Microsoft, "Courier"

Puis, faut dire que question prédiction, on se goure parfois chez Microsoft.

Prenez l’iPod : ça devait échouer,à une époque où l’utilisateur souhaitait faire de son téléphone un tout-en-un. En fait, les usages ont été segmentés. Pour les tablettes rebolottes : Microsoft à la traîne, en est à essayer de rattraper son retard.

The Telegraph révèle que l’entreprise bosse sur un nouveau système d’exploitation, pour tablette, moins lent donc (c’est un utilisateur de Mac qui le dit, méfiance méfiance). Il devrait tourner sur un processeur ARM (c’est le modèle du Samsung Nexus S.)

Le but de Microsoft et de ses ingénieurs est de construire un système en kit, un peu comme Androïd, adaptable aux besoins des constructeurs, de manière à s’assurer une présence sur un ensemble de petites tablettes.

Windows 7 équipe déjà certaines d’entre elles; deux nouveaux modèles (de Dell et Samsung) devraient être présentés au CES 2011.

Un eReader pour prendre des notes

2010/12/22 § Poster un commentaire

Vu sur Blogeee.net, le Asus EeeNote AE800 (nom de code à rallonge improbable) :

Quelques remarques :

  • Si certains fabricants se distinguent par les prix pratiqués (ceux du Kindle qui chutent), bradant leur eReader pour davantage parier sur le catalogue, d’autres segmentent ses usages, se spécialisent (voir le Kno).
  • Asus utilise un écran LCD. L’argument généralement invoqué est celui de l’encre e-Ink pour ce type d’instrument, peu sexy, dont il faut bien justifier la laideur. C’est très curieux, sachant qu’il est orienté prise de notes, donc travail à long terme sur l’écran…
  • Seules des fonctionnalités de base sont présentes : signets, bibliothèque, annotations, surlignements. Tu parles d’une révolution…
  • Comme sur iBooks d’Apple, la note s’ajoute dans la marge; pour l’ouvrir, il faut cliquer dessus. Quitte à se spécialiser, j’aurais préféré une visualisation à la Mendeley, logiciel de gestion de bibliographies bien connu des étudiants et des chercheurs :

Le premier quotidien libanais francophone sur l’iPad

2010/12/21 § Poster un commentaire

L’Orient-le-Jour est un quotidien libanais francophone, qu’on lit souvent chez moi.

Il y a quelques années, en 2006, pendant la guerre, il a servi de support à nos commentaires, alors qu’on passait des vacances à Chamonix, loin du Liban.

J’en avais profité pour envoyer un petit billet (très lyrique – on est trop sérieux quand on a 22 ans) à Télérama, qui a été publié (et que je ne retrouve plus).

J’étais alors frappé de voir que la « communauté internationale » (expression consacrée pour désigner un grand tout informe qui décharge les états d’une responsabilité individuelle), pendant que le pays était détruit, se disputait pour harmoniser ses positions linguistiques autour d’un texte commun.

Puis, j’ai progressivement arrêté de le suivre (c’est sans doute pourquoi j’ai découvert l’appli‘ un mois après sa sortie), parce que le site internet du quotidien est mal foutu. En fait, tout est fait pour ne pas le lire. Et l’application iPad va dans ce sens.

Ce n’est qu’un PDF, une version numérisée du journal papier. Il y a bien quelques petites innovations (flux continu d’informations, par exemple), qui visent à apporter une plus-value, mais elles sont bien maigres.

Sinon, on retrouve les fonctions habituelles : zoom, défilement des pages par vignettes, achat du dernier numéro et les archives (seul intérêt).

L’Orient-Le-Jour ne fait peut-être pas des efforts parce qu’il n’a pas de lecteurs à gagner. Il s’adresse majoritairement aux expatriés, désireux d’en savoir plus, quelle que soit la formule, sur leur pays.

Vous l’aurez compris : je n’en fais pas partie. :)

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eBooks dans le monde (épisode 1) : l’Argentine

2010/12/21 § 1 commentaire

Y’a « longtemps » (ce blog a 3 mois, donc tout est relatif hein ) que je prévoyais d’écrire des articles sur la situation du livre numérique dans le monde.

Et voilà que ces salauds d’eBouquin.fr ont piqué mon idée sans le savoir ! Ca s’appelle du plagiat par anticipation, non ? :-)

Bon, en effet, j’avais commencé à écrire un article sur l’Argentine en octobre, il y a 2 mois, parce que j’ai un pote argentin dans ma promo et que mon père est fan de son pays (plus précisément de Borges, comme j’ai déjà eu l’occasion de le dire). C’était l’occasion de leur faire un clin d’oeil à tous les deux.

Je publierai donc, de temps en temps, selon les infos que je trouverai, des billets sur les eBooks dans le monde, parce qu’y’en a que pour l’Europe et les U.S.A. Et quand y’en a marre, y’a corbillard.

Le rapport du CAL

Si je me fie au Libro del Camara Argentina (CAL), la Chambre du livre argentin, seulement 5 % des livres produits l’an dernier étaient des eBooks.

Cet organisme, qui rassemble par ailleurs 500 éditeurs, a rendu public une étude indépendante sur la numérisation des contenus, l’évolution de l’offre et de la demande.

Le rapport préconisait la création d’une offre significative et d’une plateforme, selon le modèle allemand de Libreka (adoptée par 600 bibliothèques et éditeurs) et de Libranda, portail espagnol, aujourd’hui pourtant très critiqué.

Jorge Luis Borges sur l'iPad-Kindle en Argentine ? Peut-être pour après-demain.

Inquiétude et opportunités

Cette plateforme manque toujours. Depuis les années 30, rien n’a vraiment évolué dans le pays.

L’arrivée du numérique permet de déplacer les frontières en obligeant les acteurs à réfléchir sur une situation aujourd’hui menacée : « pour la première fois, note l’un d’eux, nous pouvons discuter de toutes les hypothèses de l’industrie du livre ».

Tous n’y voient évidemment pas une chance. On observe une inquiétude liée à la fermeture probable des librairies.

L’une des solutions trouvée, également adoptée par les librairies françaises, est de vendre du numérique…dans les librairies physiques.

Mais dans l’ensemble, la chaîne éditoriale est encore réticente à cette émergence.

Les obstacles

La difficulté d’implantation du numérique en Argentine tient à plusieurs facteurs (j’ai repéré l’info via ActuaLitté) :

  • Le dumping est interdit dans ce pays, ce qui empêche a priori Amazon d’y faire carrière. L’entreprise semble y avoir trouvé un moyen de pénétrer le marché puisqu’elle y vend aujourd’hui son Kindle.
  • Le marché anglo-saxon pratique des prix beaucoup trop élevés pour les revenus moyens d’un argentin
  • Le piratage (10 à 15 %) des livres de Borges, Bioy ou Eco
  • La principale plateforme (Musimundo) vend certes 20 000 titres mais il s’agit pour la plupart de PDF…

Maigre consolation, l’expression « livre électronique » est rentrée dans le dictionnaire de l’académie royale espagnole.

Buenos Aires, capitale mondiale du livre 2011

Les choses pourraient cependant changer cette année. Buenos Aires a en effet été nommée capitale mondiale du livre par l’Unesco pour l’année 2011.

La ville est également invitée d’honneur du Salon du Livre de Paris 2011…J’aurai donc l’occasion de suivre ça de très près et d’actualiser ce billet.

Peut-être que Borges, Boy et Cortazar n’attendront finalement pas trop longtemps pour être lus massivement sur des écrans. :)

Interview des présidents de Hanvon et de e-Ink

2010/12/20 § Poster un commentaire

Digitimes vient de publier une interview (1ère partie) des présidents de Hanvon (à l’origine du premier eReader couleur et leader en Chine) et de la société e-Ink, qui développe la technologie bien connue d’encre électronique.

Coopération

Les deux patrons ont travaillé main dans la main : e-Ink s’est évidemment chargé d’améliorer le contraste du reader Hanvon et ses performances graphiques tandis que Hanvon s’est plus focalisé sur le développement marketing.

Le discours est bien rôdé : adopter notre eReader, c’est plus éco-lo-gi-que. Pas besoin d’imprimer en couleur, faites des économies…Voilà de quoi réduire vos émissions de CO2 et votre facture.

Le Hanvon eReader vise plusieurs marchés : éducatifs, ludiques, professionnelles. Liu Yingjian (de Hanvon) estime par ailleurs que ce dernier marché pourrait croître : les entreprises cherchent de plus en plus à se passer du papier.

Le marché de l’éducation

Concernant le premier marché (de l’éducation) les coopérations entre Hanvon et e-Ink vont se multiplier. La difficulté vient de ce que l’offre proposée aux enfants fera nécessairement l’objet de restrictions : il faut donc trouver un compromis entre leurs usages (internet) et ce qu’on veut leur faire apprendre (le contenu accessible).

Par ailleurs, si ce marché est essentiel en Chine pour le développement des eReaders, il doit faire face à des aides gouvernementales (par enfant) qui varient selon les régions. Certaines risquent donc bien d’être délaissées par Hanvon et e-Ink, susceptibles de se concentrer sur les plus riches économiquement…

Le plan des deux patrons comprend donc trois phases : concentration sur les régions riches; production de manuels numériques; essai sur les étudiants du premier cycle du secondaire et des universités. 500 étudiants de Shanghai testeront ainsi en septembre 2011 des eReaders couleurs. C’est la date à laquelle Hanvon entrera officiellement dans le marché de l’éducation.

 

Le dessin de Wi(zualiz) : iPad VS livre

2010/12/20 § 1 commentaire

J’ai ENFIN réussi à obtenir un dessin d’un pote (on était ensemble en cours l’année dernière), que j’harcelais depuis des lustres pour qu’il illustre ce blog.

A mon avis mes amis, il a senti la concurrence venir et a eu peur d’être destitué de son trône depuis que SoBook a été clandestinement illustré !

De temps en temps, selon son inspiration, vous aurez donc droit au regard de Wi, pour prendre un peu de distance avec le monde du livre numérique.

Pour commencer, un dessin qui caricature les positions de certains sur la question :

iPad vs Livre - © Wizualiz.com

Moi ça m’fait marrer. :) Merci Wi !

Pour le suivre, y’a son son twitter et son site.
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