Dans les coulisses de 1001librairies

2010/12/20 § Poster un commentaire

SoBook, toujours pas remis de sa AlainDelonïde aiguë, était invité jeudi 16 décembre dans les locaux de 1001librairies, pour rencontrer l’équipe qui l’anime (6 personnes si je me souviens bien), son rédacteur en chef (Frédéric), son patron (Nicolas) et surtout Sylvie, chargée entre autres de la communication et du community management.

J’ai déjà consacré deux articles à 1001librairies : 1001librairies, et les librairies reprennent le pouvoir, 1001librairies, colis, collo. Je dois écrire un article plus long sur le portail pour la revue en ligne de l’Ina (Inaglobal.fr).

Ce sera l’occasion de faire une synthèse de mes analyses et de revenir beaucoup plus précisément sur l’historique et les ambitions du projet. Je vous montrerai peut-être alors, en harcelant une nouvelle fois l’équipe, quelques photos du service. :)

Pour l’instant, je reviens sur cette rencontre, avec les souvenirs que j’en ai, puisque j’ai eu l’idée très professionnelle de ne prendre aucune note…

Le libraire

D’abord, ce que j’ai bien compris, en arrivant dans les locaux de l’entreprise, c’est la place donnée aux libraires dans le discours de ses membres.

Frédéric a insisté à plusieurs reprises sur la valorisation de la profession à travers plusieurs services : Web TV, critiques web, conseil direct auprès des internautes.

L’ensemble du dispositif vise à leur (re)donner une place, tout en maintenant leur indépendance dans un espace collectif.

Emissions

10 émissions (par an) devraient ainsi être consacrées non pas (exclusivement) à la librairie (des vidéos-archives de l’Ina sur la librairie viendront alimenter le site), mais à des thèmes variés (la science-fiction, l’histoire dans la littérature, le polar etc.) où pourront s’exprimer nos-amis-les-librairies et courant janvier nos spécialistes blogueurs dont je ferai ptêtre partie :).

J’ai bien essayé de caser des potes spécialistes du polar, mais SoBook n’a rien pu faire : Frédéric n’en démordait pas. C’est le libraire la star, rien que le libraire ! Avec, si possible, des personnalités diverses.

« Le but, c’est de se marrer ! On va pas faire une émission chiante avec des gens d’accord sur tout ! ». Ok ok, Frédéric, je n’ai fait que poser une question hein :) Mais je pense en effet qu’on ne va pas s’ennuyer !

On retrouve cette gouaille un peu militantiste dans le positionnement du portail : « à tous les lecteurs qui considèrent qu’un livre acheté sur le web est davantage qu’un simple colis délivré dans une boîte aux lettres. »

Marque ou communauté ?

Ce noyau-librairie pose la question de la perception du portail. Au cours du déjeuner (je fais un saut temporel, mais on est ensuite allés se sustenter au resto du coin – SoBook, étudiant et fauché, s’est fait inviter !), Sylvie a souligné la valeur communautaire de 1001librairies, en insistant à plusieurs reprises sur l’identité propre de chaque libraire.

Donnons-nous la maaaaain

Ces positions sont compliquées. Pour le client, en effet, 1001librairies est identifié comme une marque : je n’achète pas vraiment à telle ou telle librairie mais à un corps de métier identifié sous l’appellation « librairie indépendante ».

Mais dans le même temps, 1001librairies doit pouvoir conserver la marque de chacune des libraires affiliées qui refuseraient de se fondre dans une masse informe. Les niveaux de communication et les adresses s’entremêlent donc.

Un agrégateur

C’est pourquoi le portail est plutôt présenté comme un agrégateur de contenus qui puisent à des sources déjà existantes et qu’il se charge de rassembler sous un drapeau sans lénifier pour autant les aspérités de chacun.

Ce sont ainsi les rendez-vous et événements des libraires partenaires qui sont répertoriés, auxquels il est donné une visibilité accrue. Un agenda commun, mais des organisations propres à chacun.

Les profils-librairies et utilisateurs sont clairement visibles et permettent de marquer des positions, des préférences, de se voir recommander pour les uns des ouvrages et pour les autres de réaliser des suivis personnalisés, c’est-à-dire d’exercer leurs métiers en ligne. « Il n’y a pas d’algorithme chez nous ! Nos libraires connaissent leurs lecteurs », dixit Sylvie.

Reste à convaincre les libraires-récalcitrants ou novices d’assurer un travail éditorial sans être bien évidemment rémunérés par le portail (ce n’est « qu’une » extension de leur boulot, après tout). L’avantage de l’algorithme, c’est qu’il est bien plus docile.

Le facteur temps

Cette logique de la recommandation doit être convertie en acte d’achat. Deux méthodes prévalent ici : l’achat en ligne (catalogue d’ePagine pour les livres numériques), qui permet de valider à l’instant l’échange effectué avec son libraire; la commande d’un livre à une librairie proche, géocalisée (base d’Electre et de Dilicom).

Dans les deux cas, 1001libraires joue sur un ressort psychologique : la fidélité au libraire. On s’est en effet tous retrouvés avec le sentiment un peu honteux d’avoir « volé » une recommandation à un libraire de quartier.

C’est qu’il n’avait pas le livre et nous ne souhaitions pas attendre. La Fnac nous ouvrait ses bras; nous n’avons pas longtemps résisté à ses appels. Il n’y a pas moins fidèle qu’un lecteur frustré.

Le facteur temps est donc essentiel. La commande passée a une durée de vie limitée qu’il faut pouvoir satisfaire très rapidement pour la « sauver ». Ici, le tissu des librairies vient répondre à cette demande en 2 heures top chrono. Il y a bien « urgence » : les libraires et le portail sont les urgentistes qui assurent la survie de la commande-(qui)-patiente. :)

Le tissu

Un tissu dense, puisqu’il regroupe une cinquantaine de libraires aujourd’hui, également situées hors de Paris (faudrait pas donner le sentiment qu’on oublie le reste de la France).

Un tissu envié aussi, parce que la relation aux clients, dans cette période de transition, est indispensable : elle permet la pédagogie autour d’outils encore mal connus.

Le client-lecteur aura la possibilité, en s’inscrivant, de sauvegarder ses libraires préférées ou de quartier, de manière à les suivre et à percevoir 1001librairies pas seulement comme un médiateur entre les uns et les autres mais un foyer-portail culturel.

L’ouverture

Pour y accéder, il faudra encore un peu attendre, même si le projet est en cours depuis 3 ans. L’équipe l’a très bien compris, qui distille, à intervalles réguliers, des petites annonces, informations, des mises en bouche visant à faire patienter les observateurs.

Il y a quelques jours, Sylvie inaugurait ainsi le twitter de 1001librairies et une chaîne de vidéos sur Dailymotion. Façon habile de convertir les retards pris sur l’ouverture finale par une entrouverture des coulisses.

Façon peut-être également de questionner cette injonction économique et de rapidité, qui est aussi un argument paradoxal du portail, à laquelle les distributeurs et le public soumettent parfois trop la profession, en oubliant un ensemble de paramètres (la prise de temps, par exemple) sans lesquels un tel projet serait réalisable mais difficilement viable.

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