Compte-rendu : « Le Livre face au défi du numérique »

2010/12/17 § 1 commentaire

Hier, j’assistais à la conférence-discussion (plus une discussion qu’une conférence, d’ailleurs) sur « Le Livre face au défi du numérique » au Musée des Arts et Métiers.

Parmi les invités : Thierry Baccino, psychologue clinicien (j’en ai déjà parlé), l’économiste Françoise Benhamou et Stéphane Michalon, directeur de ePagine.

Rien de très neuf n’a été dit (j’ai même pas eu à twitter). Le seul intérêt (ou désintérêt, c’est selon) de cette rencontre a en fait été le dispositif, puisque les interventions des spécialistes étaient suscitées par des questions de la salle-café.

Oculométrie du livre

  • Le rétro-éclairage

Thierry Baccino, spécialisé dans l’oculométrie du livre (ce que font les yeux quand on lit), a rappelé qu’actuellement (on le sait depuis les années 80), le plus gros problème était le rétro-éclairage, que l’encre e-ink permet de contourner.

  • Adapter le texte

L’autre problème est l’adaptation du texte à la tablette. La mise en page d’un texte, pour un livre papier, respecte une disposition lié à l’objet.

Dans le cas des tablettes, cette mise en page, notamment dans le cas du PDF, pose souvent problème. Le format ePub, estime Baccino, plus malléable, est en partie une réponse à cette inadéquation.

  • Trop d’infos tue l’info

Les tablettes manquent ainsi encore  leur mise en texte ce qui, dans certains cas (l’école), peut apparaître comme une grande chance (manuel numérique), peut s’avérer ici contre-productif. En effet, en multipliant les informations sur une même surface, on déstabilise le niveau de compréhension des enfants.

Par ailleurs, l’hypertexte n’est pas toujours indispensable. Pour être pleinement utile, doit déjà avoir des connaissances de ce à quoi il renvoie et de ce qui l’active (le lien). Sinon, trop d’informations nouvelles à gérer.

De la même façon, l’utilisation de tableau numérique en classe est inutile si l’on ne tient pas compte, en amont, de problèmes de disposition de la classe (à partir du 5ème rang, avec un peu de reflet, on ne voit plus rien).

  • L’ordi de demain et la mobilité

Enfin, Thierry Baccino estime que les ordinateurs de demain se distingueront par leur mobilité, au-delà de leur apparence (plats comme les tablettes ou avec clavier). Chacun l’orientera comme il le voudra.

Economie, droit et conservation du livre

Françoise Benhamou estime que le marché du livre numérique en France est encore embryonnaire. En cause : l’offre, encore trop limitée.

  • Enrichir les livres

La conversion des récalcitrants pourrait se faire par le journal, qui se lit déjà bien sur l’écran. Par déplacement progressif, on arrivera ainsi au livre…Qu’il faudra cependant adapter aux tablettes !

Le manuel numérisé n’a ainsi aucun intérêt : il ignore les grandes possibilités offertes par le numérique. Par contre, le manuel numérique, bien utilisé, peu faire reculer l’illettrisme, comme on a pu l’observer en Inde. Pour quelqu’un qui n’est pas attentif à la lecture, c’est un des moyens de capter son attention.

Il faudra cependant attendre les innovations, l’édition française n’investissant pas encore assez dans ce domaine. La solution pourrait venir des pure players, de ces éditeurs qui n’exercent leur activité que dans l’univers numérique et qui sont les plus susceptibles d’enrichir les livres (voir Leezam).

  • La question du prix

L’éditeur est à l’origine des prix en France. Il est donc responsable de la petite différence qu’on peut observer entre livre papier et livre numérisé.

Comment expliquer que le livre numérique soit taxé à 19 %, contrairement au livre papier (5 %) ? C’est lié à la nature du livre numérique, considéré, d’un point de vue du droit européen, comme le téléchargement d’un service, taxé à 19%.

  • La question du droit

Avec l’accord Google-Hachette, on sort de la logique du fair use et de l’out point (en gros : Google numérise d’abord sans demander son avis à personne puis retire les oeuvres qui posent problème quand les ayants droits se manifestent).

Google incarne donc maintenant une forme d’attractivité, mais il n’est pas le seul dans la course. Chaque acteur essaie aujourd’hui de prendre des positions dans un univers encore bien incertain où le papier aura sa place, ne serait-ce que pour des questions de conservation (le numérique permet de diffuser, pas de conserver).

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