Quelques remarques sur le séminaire de la BnF sur « Les Métamorphoses du livre et de la lecture à l’heure du numérique »

2010/11/24 § Poster un commentaire

Le séminaire national consacré aux métamorphoses du livre s’est terminé aujourd’hui.

Je n’ai pu assister qu’à quelques interventions et j’ai notamment manqué celle de Chartier (« Les Métamorphoses du livre à l’âge de la textualité électronique »), bien connu des spécialistes du livre.

On pourra cependant la retrouver dans un livre sorti en 2002, avec un titre presque semblable («Lecture et lecteurs à l’âge de la textualité électronique» dans Le texte à l’heure de l’internet des éditions de la BPI).

Chartier n’a sûrement fait qu’actualiser la question pour le séminaire.

Impressions d’ensemble, partiales, de mauvaise foi

Honnêtement, ce à quoi j’ai assisté lundi et mercredi après-midi (« Où commence l’écriture ? », « Où commence le livre? », « Le Livre à l’heure du numérique ») ne m’a pas inspiré grand-chose.

A part ceci : les chercheurs (dont je risque de faire partie, donc c’est une auto-critique) sont décidément incapables de tenir un discours citoyen.

Je ne parle même pas de la technicité de la langue, mais de l’incapacité à s’adresser à un auditoire ou à se saisir de questions contemporaines (le livre numérique) sans sourire ironiquement (du genre : «les tablettes mésopotamiennes existaient bien avant la tablette qu’on appelle Ipad !»).

Chacun a en fait essayé de refourguer ses petites notions périmées, présentées chaque fois comme des révélations.

Je pense notamment à l’info-com, dont je fais aussi partie, en perpétuelle quête de légitimité, qui se constitue en forteresse assiégée pour légitimer la force de ses trouvailles dont tout le monde se fout par ailleurs royalement.

Je jargonne, tu jargonnes, vous jargonnez…

Surtout, la plupart des interventions n’a été qu’un prétexte à présenter les travaux de leurs auteurs trop paresseux ou frileux, légèrement adaptés pour la circonstance et les besoins  d’une cause ignorée.

Ainsi, on a lu son petit texte linéaire, inaudible, trop écrit, issu probablement d’un cours ou d’un livre, à peine remanié; on a essayé de placer ses concepts (il faut influencer : ça compte dans les classements internationaux) ronflantes, pompeuses (l’architexte, la numératie, la littératie…), néologismes auxquels j’ai envie d’opposer la belle phrase de Blanchot : il ne s’agit pas de créer de nouveaux mots mais de leur « redonner le sens qu’ils n’ont jamais cessé d’avoir »; on s’est fait plaisir en évoquant ses voyages et en parlant maya.

Dans l’attente du Salon du livre

Peu, en fait, ont cherché à répondre à la question du séminaire : le livre et la lecture à l’heure du numérique. Il y en quand même eu quelques interventions éclairantes dont j’essayerai de rendre compte dans les prochains billets.

Pour obtenir des débuts de réponse, il faudra peut-être attendre le Salon du livre, qui réunit des professionnels souvent plus au fait de l’actualité (« Babélio ? Shelfari ? Le livre social ? »), même s’ils ne courent pas après, et dont les analyses pertinentes et distanciées ne s’embarrassent généralement pas d’un jargon rebutant.

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