Le cadeau de livre électronique : l’absence comme argument économique

2010/11/19 § 1 commentaire

L’actu des eBooks note qu’Amazon permet aujourd’hui d’offre des livres numériques via sa plateforme (le Blog du Los Angeles Times rapporte aussi l’info).

Sous l’arbre de Noël, c’est quand même difficilement matérialisable…Alors Apple a inventé la carte cadeau Ibookstore il y a quelques jours.

Kobo (décidément très actif), comme Amazon, qui n’a pas de présence physique sur le territoire, est bien contraint d’utiliser la même technique : l’achat électronique.

La conversion économique d’échange de liens

Le service se veut simple : il suffit de cliquer sur « Send this book as a Gift » en le personnalisant avec une petite note amicale. C’est un moyen d’accroître la valeur d’un lien (qu’on s’échange souvent banalement par mail) et de le convertir économiquement en facilitant l’acte d’achat.

Je me demande pourtant dans quel cadre se fera cet achat : je me vois bien, par exemple, offrir un petit livre, sous forme de clin d’œil, à un ami, mais sans doute pas pour un anniversaire ou une fête, et malgré le soin apporté par Kobo pour matérialiser (bien qu’il reste intangible) le livre.

Le pays fort fort lointain

Mais Kobo le sait sans doute bien. En répétant ainsi plusieurs fois « Envoyez des eBooks à vos amis qui vivent loin de vous », la société indique comment son service doit être utilisé.

Car le cadeau électronique marque avant tout l’absence de celui qui vous l’offre. Ce qui nous choquerait dans un cas (un cadeau offert par l’ami qui habite à côté : c’est ici un problème temporel, une indisponibilité pour vous, qui l’empêche de vous le remettre), est ici valorisé.

Raisons géographiques et d’emploi du temps

En effet, c’est pour des raisons géographiques (et non pas temporelles) que votre ami est absent. En un sens, « il n’y peut rien ».

Le cadeau électronique est ici un moyen de réparer son absence géographique (ou du moins de l’atténuer), de contourner avec « les moyens du bord » le jeu du destin, de s’en consoler « comme on peut », là où son manque de disponibilité et d’attention seraient éclatants dans l’autre cas.

Don et moyen

Son cadeau, en période de fête, ne serait alors pas un don, tourné vers nous,  révélant la part de connaissance qu’a l’ami de nos goûts (le livre n’est alors pas banal), ou l’attention portée malgré la distance (le livre peut alors être banal : sa valeur de prétexte est plus importante), mais un moyen expéditif trouvé pour perdre le moins de temps possible (or le don prend du temps : on prend sur soi et de soi.).

Un ami vous donne des nouvelles de vous

C’est pourquoi ces cadeaux sont généralement ceux qui nous étonnent le plus : ils ne nous donnent aucune nouvelle de nous-mêmes mais révèlent la part sérielle, étrangère, interchangeable qu’on nous prête (le livre offert aurait pu l’être à un autre).

Malheureusement, le moyen de les revendre, et de réparer ainsi le « tort » qu’on nous a fait en nous « vengeant » gentiment, n’a pas encore été trouvé…:)

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