Remplacer les éditeurs : but inavoué de Google et Apple

2010/10/01 § 3 Commentaires

Jamais satisfaits, les éditeurs…On leur propose un modèle d’Agence (30% pour Apple, le reste aux ogres) pas contents; on leur numérise gratos tous leurs ouvrages (en empochant un joli pactole sur les ventes et sans permission), pas contents. On vous le dit : jamais satisfaits, toujours à exiger aut’chose. Demain, ils pousseront peut-être le vice jusqu’à vouloir gagner de l’argent !

Quand y’en a marre…

Non, vraiment, l’édition a bien changé. Il est loin le temps où la littérature était une haute valeur…Alors, puisque les discussions traînent, puisque rien ne semble convaincre les éditeurs, il n’y a qu’une solution d’avenir : on n’a qu’à s’en passer, il n’y a qu’à valoriser l’auteur, lui donner des moyens de publier en ligne, et enterrer les intermédiaires. Quand y’en a marre, y’a corbillard !

La littérature, à l'époque...

Seconde vie pour des titres épuisés

C’est, avec beaucoup de mauvaise foi (comme toujours), ce que j’ai compris de la « Literary Consultancy’s Big Publishing Debate » (avec l’accent) qui a eu lieu le 28 septembre.

On s’est dit beaucoup de choses, et notamment que le lecteur devrait pouvoir décider de ce qu’il veut lire (et bam pour les éditeurs), que bien des auteurs voudraient pouvoir vendre des livres qui ne sont plus publiés (comprendre : par les éditeurs) ou avoir accès a de vieilles éditions. Le but de la manoeuvre est de leur donner une seconde vie mais surtout d’étendre le marché.

Coup de gueule des auteurs

Il ne faudrait cependant pas froisser les éditeurs, encore détenteurs des droits. Depuis 3 ans, Google a donc négocié et devrait être en mesure de finaliser prochainement un accord. C’est « l’accès continu aux livres épuisés » qui les intéresse. Une manière de valoriser la production des auteurs tributaires de la bonne volonté des éditeurs.

Car ils en ont marre, les auteurs. Faut dire qu’ils ne touchent (au mieux) que 10% des ventes des livres. Le reste va au libraire (30%), à l’éditeur, au diffuseur.

C’est pourquoi Marc-Edouard Nabe a poussé sa gueulante en 2010 et lancé une plateforme d’antiédition. Le rapport s’inverse alors : l’auteur touche maintenant 70% des ventes de ses livres. Ca ne vous rappelle rien ? Le modèle d’Apple : 30% pour nous, 70% pour vous. Et en plus, on vous fournit des outils pour publier chez nous. Un rêve pour tous les auteurs en herbe…et un cauchemar pour les éditeurs.

Des outils à leur disposition

Ces outils, quels sont-ils ? Du côté d’Apple et Google, les mêmes : une possibilité de fabriquer un fichier Epub maison depuis « Pages » et « Google documents », les deux traitements de texte de nos deux concurrents. Ce n’est cependant que la première étape…Car il en reste, du chemin : obtenir un numéro d’identification (ISBN), être reconnu par Apple, être validé. Pour vous, amis-auteurs en herbe qui lisaient ce blog, tout est détaillé sur le blog de Thierry Crouzet, ici. Bonne chance.

Le rôle du critique et de l’éditeur-maison

Evidemment, si tout le monde peut aujourd’hui publier (Apple ne contrôle a priori pas la « qualité » d’un texte mais sa « conformité » aux bonnes moeurs), le nombre de textes, déjà impressionnant, risque d’exploser. Plus de filtres (ni économiques, ni institutionnels) et ce sont les vannes qui s’ouvrent. La culture risque d’enfler.

Avant le XVI°s, avant Gutenberg, on avait de la chance : on ne gardait que ce qui était « digne » d’être conservé. Tri naturel. Aujourd’hui, puisque tout fait sens, pour peu que l’on ne soit pas qu’un critique aigri mais un historien du livre ou un sociologue des moeurs, on préserve à peu près tout de l’oubli. « Ca pourrait servir », un jour ou l’autre, comme ces vieux boulons gardés dans un cendrier. On ne sait jamais, au cas où…

C’est un autre type de sélection qui voit donc le jour : la recommandation. On ne supprime plus, on entasse, mais on fait émerger tout de même ce qui mérite, à un moment donné, d’être valorisé. Le critique professionnel et la critique collaborative (« les plus téléchargés », « les mieux notés », « les plus populaires ») pourront ainsi servir de guides et de promoteurs.

De la même façon, les profs à la retraite ou les amateurs éclairés, oubliés des éditeurs, devraient pouvoir proposer leur version érudite d’un texte, travail d’une vie que Google ou Apple consacreront sans doute bientôt.

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