2010-2011 : (re)découverte de l’éditeur

2010/09/14 § Poster un commentaire

Sur l’Ipad, c’est trop cool, on peut lire des tas de livres tombés dans le domaine public. Pour la modique somme de 0 euro, vous aurez donc accès à un bon nombre de classiques, que des applications comme Ibookstore (Apple), Stanza, Kindle (Amazon) fournissent. En fait, les gars n’ont rien eu à faire : tout était déjà fait; ils n’ont eu qu’à se servir. A l’inverse de Google, on ne numérise pas directement. On conclut des partenariats pour diffuser.

C’est ce qu’a fait Apple et cie en concluant un partenariat avec le projet Gutenberg (leur site est laid, restez plutôt ici ;-)) : 30 000 bouquins libres de droit, que des petites mains bénévoles pleines d’ampoules ont vérifiés des heures sur leurs machines, après que le texte a été transcrit par un logiciel de reconnaissance. Et…ça se voit. Et ça, c’est moins cool.

Lire les classiques gratuitement…à ses risques et périls

Un classique, au hasard : «Du côté de chez Swann» de D…heu, de Proust. Une page comprend pas mal de fautes. Même chose chez Flaubert : pas d’apostrophes. On les rétablit vite mentalement, mais ça freine légèrement la lecture et la rend désagréable, quand on voudrait pouvoir s’y abandonner. Le texte n’est pas fiable ? Après tout, de quoi je me plains, c’est gratuit. Pour quelques euros de plus, c’est vrai qu’on a accès à une édition payante, réalisée par un éditeur qui sait ce qu’il fait, du genre Garnier-Flammarion.

Parce qu’éditer est un métier. On commence curieusement à la découvrir. Editer, c’est, entre autres, corriger, vérifier la fiabilité d’un texte, proposer des variantes, des comparaisons de manuscrits (dans le cas des éditions critiques chez Gallimard avec sa pléiade, Garnier-Flammarion ou Honoré Champion). Ce n’est pas seulement rendre disponible.

La redécouverte d’un métier

C’est en ce sens qu’il faut considérer la numérisation non pas comme une révolution, ni même une évolution, mais bien comme une redécouverte. On redécouvre que les choses qui allaient de soi font problème. Et c’est parce qu’elles manquent qu’elles questionnent. Bonne chose : l’utilisateur est amené, de lui-même, à comprendre, parce qu’il est alors déçu dans son rôle de consommateur, combien la chaîne éditoriale est importante.

La place du critique

Et elle va être réévaluée. Dans la masse de textes auto-édités, auxquels donneront bientôt accès Google, Amazon et Apple, c’est probablement la place de critique qui va être rehaussée. Une critique universitaire, une critique d’humeur (j’aime/j’aime pas) ou de journaliste (un mix des deux). Parce qu’il faudra bien faire le tri dans cette masse grandissante. Ce sont donc des notions comme la « hiérarchie », le « patrimoine », les « valeurs », le « canon littéraire » et, plus généralement, la « littérature » qui vont être prochainement débattues.

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